Ryōkan Taigu (1758–1831) – Poète et moine bouddhiste zen japonais
Les poèmes de la vidéo sont des extraits du recueil La rosée d’un lotus, rassemblés et publiés posthumes par Teishin. Ils proviennent d’échanges poétiques entre le maître et la jeune moniale, liés d’une amitié amoureuse et spirituelle très profonde.
Libre de tout lien
comme un brouillard
entraîné par l’air
je me laisse emporter là
où le vent désire me laisser
– Ryokan
.
est-ce un rêve ?
est-ce la réalité ?
notre rencontre d'aujourd'hui
– Teishin
.
M'as-tu oublié
ou as-tu perdu le chemin
qui mène ici ?
je t'attends jour après jour
mais tu n’apparais pas
– Ryōkan
.
La lune, j'en suis sûre
brille de tout son éclat
au-dessus des montagnes
mais de sombres nuages
enveloppent le pic de ténèbres
– Teishin
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Voici d'autres poèmes recueillis par Teishin, extraits de O pruniers en fleur, folio sagesse, constitués de poèmes brefs (odes) et de waka inspirés au Man'yōshū (万葉集) «Recueil des dix mille feuilles », la plus ancienne anthologie de poésie japonaise, sa compilation datant du VIII siècle. Waka signifie chant du Japon, dont le tanka est une forme.
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Si bon vous semble
passez me faire visite !
Puisque vous irez
par la montagne chercher
des feuillages empourprés
.
Qu’une belle lune
vous éclaire, attendez
et vous rentrerez !
Par ces montueux sentiers
où les bogues se répandent
.
D’un menu bois pris
aux pasanies de ces monts
je ferai du feu
pour deviser avec vous
de poésie japonaise
.
En février 1831, Ryōkan s'éteint dans les bras de Teishin.
Avant de mourir, il lui avait murmuré son dernier haïku :
.
montrant leur endroit
montrant leur envers
tombent les feuilles d'automne
— Ryōkan à Teishin

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